Mademoiselle Héla Ouardi, la supercherie ayant suffisamment duré, ne serait-il pas temps de nous annoncer le véritable nom de l’auteur des « Derniers jours de Mahomet » et des « Califes maudits » ?

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Le malaise qu’ont ressenti certains lecteurs de la polémique qui s’est engagée entre le Professeur Hichem Djaït et Mademoiselle Héla Ouardi au sujet du dernier livre publié par la dernière et intitulé : « Les Califes maudits » (Ed. du Seuil. Paris. 2019), est tout à fait compréhensible. Notre Maître, M. Djaït en l’occurrence, ne nous a pas habitués à autant de véhémence émaillant ses propos. Mais il y a bien une explication au fait qu’il ait été excédé par Melle Ouardi.

Appartenant à une génération qui a certaines difficultés à formuler en toute clarté des accusations touchant à l’intégrité morale des personnes incriminées, il aurait plutôt tendance à y faire, indirectement, allusion… Maladroitement peut-être. Ce qui pourrait avoir pour regrettable effet d’induire le lecteur en erreur, et de voiler les véritables intentions de l’érudit islamologue.

Ce faisant, le lecteur avisé lira entre les lignes et saura tirer les véritables motivations de l’apparente véhémence caractérisant les propos de l’érudit Maître. Car, s’il est un chercheur bien placé pour traiter de la bibliographie relative au premier siècle de l’Islam, c’est bien le Professeur Djaït (cf. sa somme encyclopédique intitulée La Grande discorde -Al-Fitnâ al-Kubrâ-). Or, il se trouve que notre éminent Maître n’a pas été seul à pointer du doigt la forte probabilité du fait que Melle Ouardi ne soit pas la véritable auteure dudit livre.

En évoquant à dessein le mot « escroquerie » (tahayyul) pour qualifier « son » écrit, le Professeur Djaït nous rappelle sciemment les propos d’un autre éminent islamologue tunisien, sinon le plus éminent : le Professeur Mohamed Talbi qui notait dès la parution de l’apocryphe « Les derniers jours de Muhammad » que : « Jusque-là rien ne la (Héla Ouardi) faisait remarquer. Je n’en avais jamais entendu parler. On lui doit tout juste quatre ou cinq articles dans des revues françaises, consacrés toujours à R. Queneau. Et la voilà subitement, en un mois, la coqueluche des médias ».

Nos deux plus éminents islamologues ont donc déjà flairé la supercherie. Erudits qu’ils sont, ils savaient pertinemment que pareils ouvrages, aussi richement documentés, ne sauraient être publiés au pied levé au bout de deux ans de recherches en qualité de membre associée au CNRS : « Héla Ouardi, disait notre maître, Mohamed Talbi, quelques mois avant son décès (intervenu, faut-il le rappeler, le 1er mai 2017), est aujourd’hui professeur de littérature et de civilisation française à l’Institut Supérieur des Sciences Humaines de l’Université de Tunis El Manar, et membre associé du Laboratoire d’études sur les monothéismes du CNRS à Paris. Tout laisse croire que c’est là qu’elle avait mignoté son roman sur Muhammad, en caressant l’espoir d’être un jour recrutée par le CNRS.

Cela ne m’étonnerait pas que ce soit dès le début de la nouvelle année universitaire ». Nous ajouterons, pour notre part, que seules quelques interviews ont été concédées par la susnommée aux médias. Le fait que celle-ci évite généralement les face-à-face à caractère improvisé (et pour cause !) est plus que significatif. Non seulement, elle exigeait que les questions lui soient communiquées par avance afin qu’elle puisse préparer ses réponses. A preuve, lors de son passage télévisé sur France 24 (diffusé par TV 5 le 24 mars 2016), elle avait les yeux constamment rivés sur les notes manuscrites qu’elle lisait en répondant aux questions de son interlocuteur.

Nul doute qu’elle a pour coutume celle d’exiger que les questions lui soient préalablement communiquées afin qu’elle puisse préparer ses réponses. Autre fait notable : dès que les questions de l’interviewer devenait trop précises, et au bout du compte gênantes pour elle ; soit ses réponses devenaient, sous couvert de savantissime érudition, sans aucun rapport avec la question posée ; soit elle en revenait à l’icône de la Jeanne d’Arc martyrisée, en l’occurrence, par l’obscurantisme musulman ; ou, enfin, elle jouait sur la corde de l’hyper-sensibilité féminine, piquée à vif qu’elle était par la brutalité de l’interrogatoire machiste.

Et lorsque l’on saura, en prime, qu’elle s’est avérée être, en la circonstance, non seulement, piètre arabophone, mais aussi bien en-deçà de la prose française qu’elle est censée avoir produite dans le livre paru sous son nom, la question de savoir qui est le véritable auteur putatif de ladite œuvre n’en sera que plus légitime.

Songez que cette dame qui est supposée avoir sondé les textes fondateurs les plus obscurs des premiers traditionnistes et historiens musulmans, dont le verbe est resté hermétiquement clos pour nombre de chevronnés arabisants, n’est pas capable d’aligner une seule phrase correcte en arabe littéral. Pire encore, son français est d’une telle platitude, qu’il trouverait mieux sa place dans les discussions du café du commerce du coin que dans pareils ouvrages.

Ayant suivi certains de ses exposés, son maniement de la langue de Molière n’est nullement comparable au verbe fouillé de l’auteur des deux ouvrages publiés sous son nom. Si bien qu’au bout du compte, nous nous retrouvons dans une situation où nous nous ne pouvons engager aucun dialogue d'ordre scientifique avec la concernée. La raison en est à ce point sordide que nos chers maîtres n'ont pu qu’y faire allusion.

J'ai moi-même longuement hésité avant d’en traiter publiquement. Mais compte tenu des proportions qu'est en train de prendre la polémique entre pro et anti Ouardi, j’ai jugé utile de dégager la véritable nature du problème. Avant de discuter du bien-fondé des vues exprimées dans les ouvrages précités, ne conviendrait-il pas de s’assurer, en premier lieu, de l’identité du véritable auteur ?

Il est, en effet, assez singulier que Mademoiselle Héla Ouardi, auteure putative des « Derniers jours de Muhammad », en sa qualité de chercheuse en littérature Française, n’ait à son actif que quelques articles largement inspirés de son DEA (1996), Thèse de doctorat (2001) et Habilitation à diriger les recherches (2011). Il est tout aussi singulier que la susnommée ait consacré toutes ses recherches, son énergie et son temps à un plébéien humoriste, Raymond Quéneau, dont l’œuvre majeure intitulée « Zazie dans le métro », constitue, à l’évidence, une excellente mise en bouche pour débattre des problèmes théologico-politiques de l’Islam naissant.

Bombardée grâce à cette œuvre de recherche, qui restera n’en doutons point, dans les annales de la littérature française, elle changea subitement de trajectoire. Laissant en plan Quéneau et ses profondes questions existentielles, elle s’improvisa islamologue, et figurera désormais en bonne place dans la liste des membres associés du Laboratoire d’Etudes sur Les Monothéismes dépendant du CNRS ( !) avec comme projet de recherches : Les orientalistes de langue française et le Coran.

Depuis, elle gravit les échelons au sein de la prestigieuse institution, étant aujourd’hui membre permanent au CNRS, sans avoir publié un traître mot sur l’objet, annoncé du moins, de ses recherches. En revanche, un livre intitulé « Les derniers jours de Muhammad » fut publié sous son nom en 2016. Cette œuvre de 368 pages, comporta pas moins de 1101 notes explicatives et renvois, plusieurs centaines de références bibliographiques citées (dont des sommes de 10 volumes et plus), plus de dix-huit chapitres… et, cerise sur le gâteau, une réflexion philosophico-académique sur l’historiographie islamologique digne d’un chercheur rompu à cet exercice…

A en juger, du moins, par le caractère éclectique de l’arsenal bibliographique. Pareille entreprise nécessiterait, pour être menée à bon port, plusieurs dizaines d’année de dur labeur et ne saurait être comparable à quelque étude réalisée sur l’«œuvre » humoristique de Quéneau, à laquelle la susnommé –est-il besoin de le rappeler- a consacré 17 ans de sa vie.

Après quarante ans passés au contact de ces textes, je ne saurais prétendre à la réalisation d’une œuvre, quantitativement du moins, aussi exhaustive. Et bien peu, parmi mes maîtres, collègues et étudiants pourraient s’en targuer. Alors, et compte tenu de ce qui a précédé, n’est-on pas en droit de se demander qui est le véritable auteur de cette œuvre exhaustivement documentée ?

Aussi, inviterai-je, au moyen du présent article, Dame Ouardi à un face-à-face pendant lequel elle me permettra de lui poser certaines questions afin de lever toute équivoque au sujet de la paternité, ou maternité si elle préfère, des susnommés ouvrages. Si nos craintes, nous autres frileux, ou pire encore, obscurantistes islamologues, aux dires de certains, ne s’avéraient pas totalement infondées, qu’elle nous éclaire sur la véritable identité de l’auteur de ces livres…

A défaut nous pourrions nous en charger : le nom de cet éventuel acolyte nous l’avons sous la dent… Quant au prestigieux CNRS, au passé si glorieux, ce serait une autre paire de manches… C’est que recherche scientifique et politique politicienne ne vont pas de pair.

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Commentaires - تعليقات
صلاح سعيد
05/01/2019 15:37
باهي....الكتاب مسروق.....ناقش المحتوى
Habib JERBI
05/02/2019 09:40
الأستاذ أسعد جمعة في هذا المقال هو بصدد "تصفية حساب" مع الأستاذة هالة الوردي لكونها امتنعت ثم اعترضت على شراء مجموعة مطبوعات صادرة عن دار "كيرانيس" للنشر التي يمتلكها ويشغلها الأستاذ جمعة وهي المطبوعات التي يقول عنها صاحبها بأنها "تحقيقات" والتي يزيد عددها عن المائة (نعم أكثر من مائة تحقيق) وهي كلها كتب تراثية محققة ومنشورة (كيف استطاع الأستاذ تحقيق هذا العدد المهول ... وهو الذي ينعى على الأستاذة هالة الوردي إعدادها لكتاب في سنتين؟ الرجاء التحلي بالقدر الأدنى من اللياقة. ومن كانت داره من بلور ...
مهيب
05/07/2019 00:24
(Mademoiselle VS éminent Maître et professeur) Cette pauvre comparaison sexiste et diminutive annonce dès le titre la couleur de la bassesse et de l'acharnement de l'auteur de ce torchon à l'égards du professeur Héla Ouardi